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Binta Zakari, un témoin cité par la presse locale, a raconté que le groupe venu attaquer le commissariat avait distribué des amulettes magiques aux civils alentour pour les protéger des éventuelles balles perdues. Une partie du commando ne s'exprimait qu'en arabe, a ajouté le témoin.
Quatre jours auparavant, un religieux musulman intégriste de Kano, le cheikh Jafar Adam, avait été tué à bout portant de cinq balles dans la mosquée centrale Dorayi, au coeur de Kano. Formé en Arabie saoudite, il était un membre influent de la communauté sunnite wahhabite qui accuse les autorités provinciales et fédérales de ne pas appliquer correctement la charia, la justice islamique.
VICTIMES CIVILES
Quelques heures plus tard, les assaillants ont pris position à l'extérieur du poste de police ainsi que sur le site d'une usine proche et ont fait dix victimes supplémentaires parmi les forces de l'ordre. Selon un porte-parole de l'armée, on compte également une dizaine de victimes civiles. "Nos troupes ont tué au moins 25 membres du groupe criminel qui terrorise Kano. L'opération en vue de leur élimination est toujours en cours", avait déclaré, mercredi soir, le porte-parole militaire qui a mis en cause des islamistes - qualifiés de "talibans" - venus, selon lui, du Tchad voisin. Jeudi matin, les forces de sécurité donnaient la chasse aux derniers assaillants cachés dans le quartier.
Samedi à Kano, les élections locales ont été entachées d'actes de violence. Le retard dans l'annonce des résultats a provoqué des manifestations contre le Parti démocratique populaire (PDP), au pouvoir, accusé de fraude.
Par ailleurs, à Abuja, la capitale fédérale, 18 partis de l'opposition ont signé, mardi, un texte qui laisse planer la menace d'un boycottage du scrutin du 21 avril. Pour y participer, les signataires exigent l'annulation des élections locales du 14 avril (qui ont vu une large victoire du parti au pouvoir), le démantèlement de l'actuelle Commission électorale nationale (INEC) et le report du scrutin de samedi jusqu'à ce qu'un "processus électoral juste et transparent" soit garanti.
Le parti au pouvoir a rejeté cette dernière idée au risque, si l'opposition met sa menace à exécution, d'enlever tout crédit à l'élection présidentielle de samedi.